A Madine, la Chèvre de Lorraine était Formidable !

Un très beau weekend ensoleillé pour une belle manifestation sur les bords du lac de Madine (55) lors de La Lorraine est Formidable! En compagnie du Fort de Villey-le-Sec, nos chèvres de Lorraine ont une fois de plus séduit les quelques 20 000 visiteurs venus se rafraîchir.

L’association des Amis de la chèvre de Lorraine, basée à Vandœuvre-lès-Nancy, s’attache à préserver une race laitière en voie de disparition. Photo ER

L’association des Amis de la chèvre de Lorraine, basée à Vandœuvre-lès-Nancy, s’attache à préserver une race laitière en voie de disparition. Photo ER

Elle se prénomme Ibride et ses deux petits, Léopoldine et Lahitolle, 2 mois chacun, nés au fort de Villey-le-Sec (54), sont un peu déboussolés à la vue des visiteurs qui cherchent avant tout les caresses. Plutôt habituées aux grands espaces, ces chèvres de Lorraine sont toujours considérées en voie de disparition. « Il n’en existait plus que 90 têtes en 2006, il y en a aujourd’hui 700, réparties dans les pâturages du Grand Est. Il s’agit d’une race rustique avec une robe gris hermine qui produit entre 2 et 3 litres de lait par jour. Elle suscite désormais l’engouement des éleveurs fromagers », défend Adeline Marion, animatrice de l’association des Amis de la chèvre de Lorraine, basée à Vandœuvre-lès-Nancy.

Depuis hier et jusqu’à ce soir, Ibride est une invitée de marque sur les rives du lac de Madine, qui accueillent la 4e édition de la manifestation « La Lorraine est formidable ! », gratuite et organisée par l’agence Les Princiales, de Toul. Entre la plage de sable fin, les terrasses et la Maison des promenades, 80 exposants forment un village visant à mettre en valeur les charmes de la Lorraine. Les Offices de tourisme des quatre départements sont bien entendu présents pour faire le plein d’idées estivales, valorisant aussi le travail de nombreuses associations locales qui redoublent d’efforts pour séduire les visiteurs.

« Revendiquer les forces vives de la Lorraine »

Le patrimoine n’est pas en reste avec des monuments tous plus étonnants les uns que les autres, à l’image du château d’Haroué ou de l’abbaye des Prémontrés, à Pont-à-Mousson. La gourmandise, enfin, ravira les papilles des curieux en présence d’artisans réputés comme les fameux pâtés du Valtin ou encore la Maison du sel, à Haraucourt.

« Notre ambition est de revendiquer les forces vives de la Lorraine. Nous sommes partis de l’idée que la Région manquait d‘identité, d’où la tenue de ce salon en ouverture de la saison touristique », observe Jean-Claude Dehaut, coprésident des Princiales. Si la quiche lorraine demeure l’un des produits à emporter les plus vendus au monde, les trésors du territoire sont d’une richesse insoupçonnée. Il suffit de jeter un coup d’œil sur les stands pour mieux s’en rendre compte. De discuter aussi avec des passionnés, fiers de porter leur territoire à bout de bras, parfois sous le regard masqué des personnages costumés du carnaval vénitien de Remiremont. Et comme une brocante des Lorrains est également annoncée ce dimanche, la fête est totale. Formidable, non ?

Nicolas GALMICHE

Article disponible sur l’Est Républicain: http://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2015/06/28/madine-c-est-la-lorraine

Deux boucs contre une Renouée

À force de brouter, Jafar et Jacky pourraient fournir le remède à un désastre écologique…

Entre la chèvre et le chou, on peut encore se demander qui ménager. Mais entre la renouée et le bouc, c’est indiscutablement le bouc qui doit l’emporter. Du moins l’espère-t-on à Laxou où depuis à peine deux mois Jacky et Jafar ont été invités à un grand banquet végétal. Deux jeunes boucs d’à peine plus d’un an, deux très beaux représentants de la race des « chèvres de Lorraine » arborant ce pelage moucheté noir et blanc si caractéristique, et surtout deux grands voraces à qui vient d’être offerte une véritable corne d’abondance : une parcelle de renouée de Sakhaline.

Comme celle du Japon, ou comme la bohemica, la renouée de Sakhaline est de ces plantes introduites en France il y a plus d’un siècle et qui, depuis, se sont rendues littéralement maîtresses du territoire. Au détriment de toute autre variété végétale, incapable de pousser dans l’ombre d’une renouée. Une plaie, une calamité, un désastre écologique ! Tel est la nature profonde de la renouée.

« Et en même temps fascinante », remarque Laurence Wieser, adjointe à l’environnement de la ville de Laxou. « Non contente d’avoir une capacité de croissance telle qu’en quelques semaines elle atteint 2,50 m, de s’étaler en larges feuilles à l’ombre desquelles rien ne peut pousser, elle secrète en plus des substances antigerminatives ! » Lesquelles empêchent d’autres plantes de s’installer. « Drôlement malin ! »

Prêts à tout

Mais qu’on ne s’y trompe pas, cette admiration apparente n’en cache pas moins une réelle volonté d’éradication. Laurence Wieser, de même que Paul Montagne, de l’association Floraine, ou encore Stefan Jurjanz et ses élèves de l’école d’agronomie l’Ensaia (au moins une trentaine) sont prêts à tout.

Encore faut-il identifier le « tout ». Jusqu’à présent, aucune solution satisfaisante n’a été trouvée pour débarrasser nos paysages de cette plante invasive. Or peut-être nos deux boucs vont-ils offrir en partie l’antidote…

Jacky et Jafar sont en effet les chevilles ouvrières d’une expérimentation singulière : l’écopâturage anti-renouée. Installé depuis quelques semaines sur un terrain escarpé adossé au site Sadoul, en lisière du quartier des Provinces, le duo animal s’est vu confier une mission de la plus haute importance : manger. Dévorer. Engouffrer la fameuse renouée. Et ils s’y emploient vaillamment, nos deux Attila à quatre pattes. Il est vrai qu’en l’espèce ils n’ont rien d’autre à brouter.

Épuiser la plante

Après ce rasage en règle, il ne faudra guère que deux ou trois semaines à l’incroyable végétal pour envahir à nouveau le terrain tant sa vigueur est phénoménale. Puis les deux compères devront engloutir de plus belle. « Ce qui pourrait paraître désespérant », concède Paul Montagne. « Mais l’objectif c’est bien de finir à terme par épuiser le végétal. Or les signes sont déjà encourageants. » Étant entendu qu’une seule année ne suffira pas à venir à bout de l’indésirable. Étant entendu, aussi, que cette solution ne s’adaptera pas à toutes les situations. D’où l’impératif d’en trouver d’autres (lire ci-dessous).

En attendant, choyés par les étudiants de l’Ensaia qui procèdent aux relevés, régulièrement pesés pour s’assurer de la capacité nutritive du fourrage, Jacky et Jafar mangent tout leur content !

Lysiane GANOUSSE / Crédit Photo Frédéric MERCENIER

Article en ligne : http://www.estrepublicain.fr/edition-de-nancy-ville/2015/06/10/laxou-deux-boucs-contre-une-renouee